Vers l'équilibre…

De l’importance de bien se positionner

« On peut toujours marcher avec des cailloux dans ses chaussures, mais on avance quand même mieux si l’on prend le temps de les retirer… « Jean-Claude Oualid

Le titre est trompeur… Je ne vais pas vous parler aujourd’hui de « prise de position » morale, mais bien d’ajustements corporels… Quoique, le corps et l’esprit étant liés, il y a probablement un rapport indirect…

Trouver l’origine du problème

A un moment, j’allais très souvent chez mon étiopathe (métier très proche de l’ostéopathie) pour qu’elle me replace mes cervicales, qui, toujours, se décalaient et me faisaient souffrir. Un jour, elle m’a dit quelque chose de très simple et très juste à la fois : « je peux bien sûr les replacer à chaque fois, mais cela ne servira pas à grand-chose si vous ne changez pas votre position quotidienne, ce qui déclenche le déplacement. »

Plutôt que de seulement chercher à réparer le problème (même si c’est bien sûr nécessaire), ne vaut-il en effet pas mieux s’interroger sur son origine, à la source ?

Tiens-toi droit !

Nos parents, et plus encore nos grands-parents, nous disaient : « Tiens-toi droit ! ». Avez-vous remarqué comme cela se perd ? On ne le transmet plus à nos propres enfants.

On est dans une culture de l' »avachissement » : poufs, canapés confortables, lits … on s’affale pour lire, regarder la télé, écrire sur son ordi ou consulter sa tablette… Regardez un catalogue IKEA avec un autre oeil, c’est édifiant.

de l'importance de bien se positionner

La position « droite » est devenue pour certains complètement inhabituelle, voire une vraie torture. J’ai mis un an avant de ne plus souffrir en me tenant le dos droit lors de ma méditation quotidienne !

C’est d’ailleurs le monde à l’envers : j’ai demandé à ma fille, 5 ans, qui elle a une posture droite naturelle, de me surveiller et de me dire régulièrement, quand elle me surprend à « m’avachir » : « Maman, tiens-toi droite ! »

Revoir tous ses positionnements

Mais c’est d’une vigilance quotidienne et un effort permanent qu’il s’agit… Observez vos mouvements pendant une journée entière, vous serez peut-être étonnés.

Les positions symétriques sont bien sûrs les meilleurs pour le corps. Mais combien de fois croisons-nous les jambes ? (et pas seulement les femmes !) Vous tenez-vous droit en mangeant ? Avez-vous tendance à vous voûter en marchant ?

Un jour, il y a trois ans, un ami m’a fait remarquer que je marchais en étant voûtée. J’ai été très étonnée, car je ne l’avais jamais noté. Mais cela m’a frappée d’un seul coup. Depuis, à chaque fois que j’y pensais, en marchant dans la rue, je me suis astreinte à me redresser. Il y a quelques semaines, j’ai remarqué que je prenais naturellement la bonne posture. J’ai essayé de retrouver la posture « voûtée » d’origine, pour comparer : je n’y arrivais plus, mon corps s’y est refusé ! Me tenir bien droite, c’est probablement mieux pour ma santé, plus esthétique… mais aussi une façon de voir la vie autrement…¹

Voir aussi  ¹ Des racines et des ailes      Se laisser toucher…    Devenir un serial smiler

Etre vigilant sur ses ressentis

Récemment, j’ai découvert avec stupeur à quel point j’étais crispée en permanence des mâchoires et des épaules, les deux étant manifestement liés. En gros, je « serrais les dents ». Mais pas de temps en temps : en continu ! Et, aussi étrangement cela soit-il, c’était tellement « intégré », tellement « incrusté », que je ne m’en étais absolument pas rendue compte ! Cela faisait partie de moi. Depuis 38 ans probablement !

Bien sûr je me suis posée la question du pourquoi… Je pense que cela a beaucoup à voir avec la notion du contrôle et du refoulement d’émotions ¹. Et que tout le travail récent sur le fait de les accepter commence à agir, c’est pourquoi je peux enfin prendre conscience des crispations qui auparavant étaient probablement une soupape de sécurité de refoulement…

Il s’agit donc d’être vigilant, et de s’interroger régulièrement sur ses ressentis ² : suis-je confortable ? Crispé ? Aligné ? Détendu ? Partout ? Vraiment partout ? La méditation et le scan corporel sont bien sûr de bons moyens d’entraîner sa vigilance et de « muscler » son attention... Je vous invite à lire sur ce sujet l’excellent article de Léo Babauta, « Etre conscient de votre stress. »

Depuis trois semaines, je suis donc très vigilante sur cette question, et dès que j’y pense que je détends. 10 secondes après, cela reprend… Mais je recommence le processus. La première semaine a été très difficile, mes problèmes de dos se sont accentués, probablement parce que mon corps était à la recherche d’un nouvel équilibre. Depuis une semaine, cela va beaucoup mieux, il y a des moments où je m’interroge mais constate avec délices que je ne suis pas crispée. J’ai vraiment l’impression d’être sur la bonne voie, et que « désincruster » cette tension physiologique permanente ne peut que détendre mon esprit…

 Voir aussi ¹ Laisser son monstre intérieur sortir du placard…     Se protéger, sans tomber dans les extrêmes      Se cacher pour mieux (?) être aimé     ² Ecouter son corps pour suivre son guide intérieur

Agir sur le corps pour agir sur l’esprit

En effet, agir sur le corps, ce n’est pas seulement physique, cela peut agir aussi sur le mental... Voyez la « position du guerrier » au yoga, en la pratiquant, en se tenant très ancré au sol, les yeux vers l’horizon, on intègre une énergie de force et de puissance…

le corps et l'esprit

Quand j’ai pris conscience de mes crispations permanentes sur la mâchoire et les épaules, au départ je me suis dit :  » à quoi bon prendre conscience et me décrisper, si je ne règle pas le problème fondateur de l’intérieur ? Les crispations reviendront systématiquement ».  J’en ai parlé à mon professeur de yoga, qui m’a dit, comme à son habitude, quelque chose de très pertinent : « Imagine une maison qui a subi un tremblement de terre et est toute fissurée. Ce n’est pas puisque tu ne peux pas agir sur le tremblement de terre que tu ne dois pas pour autant colmater les fissures. Il faut bien éviter que la maison s’écroule ! « 

Cela m’a fait beaucoup réfléchir. Je pense que c’est une erreur que de vouloir seulement agir sur le mental, et régler ses problèmes « psychologiques » sans se préoccuper de son corps. De même que c’est insuffisant de se concentrer seulement sur le corps. Les deux doivent aller de pair¹.

L’image qui me vient, à moi, c’est celle d’une inondation (conséquence sur le corps) suite à un trou dans la coque du navire (mal-être psychologique initial) :

il faut à la fois écoper, pour enlever l’eau stagnante (qui sinon en plus risque de croupir et développement des germes !), c’est à dire gérer les conséquences du problème sur le corps. (crispations, somatisations en tout genre)

Mais aussi, en parallèle, en même temps, colmater la brèche initiale, c’est à dire trouver la cause d’origine du problème.

Si vous ne faites qu’écoper sans combler le trou, l’eau continuera à monter quoi que vous fassiez… Il faut donc s’interroger sur la source du problème. Mais si vous ne faites que colmater la brève sans écoper, l’eau stagnante, c’est à dire le mal corporel, sera toujours présent. Il faut donc aussi soigner son corps…

Voir aussi   ¹  « L’effet cocktail » de son développement personnel

Prendre position pour mieux prendre sa place

Peut-être que c’est un peu « tiré par les cheveux » et que je vais trop loin dans la réflexion, mais je pense qu’un corps harmonieux, symétrique et bien positionné est aussi une belle porte d’entrée vers l’harmonie de l’esprit. Que le corps est parfois comme une métaphore de son état intérieur. Et qu’en agissant sur la position du corps on agit plus qu’on ne le pense sur son état d’esprit.

S’ancrer pour être ancré

L’autre jour, j’ai réalisé que je ne prenais pas le temps de bien poser mes pieds à plat sur le sol, que je marchais souvent sur la pointe des pieds pour ne pas avoir froid aux pieds. J’ai donc investi dans des chaussons bien chauds et me suis ré-éduquée pour marcher en étant plus ancrée... Cela ne peut m’apporter que plus d’ancrage au quotidien !

Se centrer pour être centré

De même, j’ai remarqué que je ne prends pas toute ma place, toute mon ampleur dans mon lit. Je me mets d’un côté. Hier soir j’ai décidé de me centrer aussi dans mon lit, d’assumer de prendre ma place. C’est peut-être un symbole, mais les symboles ne sont pas si anodins… Après tout, comme le dit Maud Séjournant¹, dans son merveilleux livre « Le cercle de vie« , « le pouvoir d’un objet, d’un acte, d’une pensée réside essentiellement dans la signification qu’on lui donne et la compréhension que l’on en a. Plus le lien cognitif reste dans le domaine de l’inconscient, plus il est fort et inamovible. »

Se déployer extérieurement pour se déployer intérieurement

Se tenir bien droit, marcher en tenant la tête haute, c’est aussi une façon de s’affirmer et de prendre toute sa place, d’assumer son ampleur, de s’aligner, de se déployer² à sa mesure… Pas étonnant que mon gorille intérieur³ grandisse en parallèle de ces prises de conscience !

Voir aussi     ¹ Rester centré     La vie est une grande danse qui ne s’arrête jamais   A la rencontre de son animal totem   ² Déployer son arbre intérieur         ³ Laisser son monstre intérieur sortir du placard…

Prendre le temps de bien se positionner

Bien sûr, parfois, on a « la flemme », car c’est vraiment un travail quotidien de bien se positionner. Mais ce sont des petits détails qui changent tout, et ne prennent souvent pas plus de quelques secondes à ré-ajuster. Je le vois un peu comme une sauvegarde quand on travaille sur un document : cela ne prend pas longtemps de faire la démarche de sauvegarder son travail, et si on le fait régulièrement on n’est pas ennuyé en cas de coupure de courant intempestive…

Songez que c’est du temps bien employé¹, car gagné par la suite : vous serez moins souvent arrêté par votre corps, aurez moins besoin de rendez-vous chez les thérapeutes… et une meilleure harmonie corps-esprit cela n’a pas de prix… !

Alors, faites comme les chats, qui prennent systématiquement le temps de s’étirer avant de se lever… Décroisez vos jambes pour mieux vous ancrer… Prenez le temps de vous mettre en symétrie, même en faisant la vaisselle ou en arrosant vos plantes… Posez vos deux pieds bien à plat sur le sol… Préparez-vous un thé avant de vous remettre au travail… Prenez le temps de déconnecter votre portable ² et autres nuisances sonores éventuelles avant un temps de concentration… Positionnez-vous bien droit devant l’écran… Passez sur le téléphone fixe si une conversation s’avère longue… Etirez-vous et levez-vous régulièrement si vous avez un travail sédentaire… Et, sans doute le conseil le plus important, le plus simple et le plus difficile à appliquer : reposez-vous³ si vous êtes fatigué…

Je crois également beaucoup à la notion de prévention : je prends régulièrement des rendez-vous de « contrôle technique » chez les praticiens en lesquels j’ai confiance pour anticiper les problèmes éventuels. Et, bien sûr, souvent ils trouvent quelque chose à ré-ajuster… Afin que le mal ne s’aggrave. Je vois deux praticiens complémentaires, un ostéopathe et un étiopathe, car ils n’ont pas les mêmes approches et n’agissent pas sur les mêmes problèmes.

Voir aussi   ¹ Le secret de la gestion du temps      ² Débranchez !         ³ Prendre soin de soi… pour mieux prendre soin des autres    S’interroger sur ce qu’il y a dans notre assiette

Etre particulièrement vigilant sur sa position au travail

On passe beaucoup de temps à son travail, et une mauvaise position sera donc reproduite 8 à 10 heures par jour !

Dans les entreprises, c’est à peu près normé, mais je vous invite à vérifier si votre poste de travail (dans l’hypothèse où vous avez un travail assis devant un clavier ¹ ) correspond bien à ce schéma.

ergonomie du poste de travail

L’idéal, c’est bien sûr d’avoir un siège et un bureau réglables en hauteur… Quand j’ai commencé ce blog, la première chose que j’ai faite a été de changer de bureau. J’avais un très beau bureau ancien que j’avais retapé avec amour quelques mois avant, mais il n’était vraiment pas à la bonne hauteur… J’ai donc acheté à la place un bureau avec les pieds réglables et j’ai passé une journée entière à faire les bons ajustements…

A l’inverse, il y 10 ans, quand je n’étais pas vigilante sur ces questions, je me suis fait un mal « inamovible » en utilisant pendant un an le « touchpad » de mon ordinateur au lieu de brancher une vraie souris, et le micro-geste quotidien s’est incrusté en une sorte de tendinite permanente dans l’épaule… Brancher une souris, cela m’aurait pris 10 secondes environ…

Voir aussi  ¹ Se perdre dans les méandres des réseaux sociaux  

Comment ré-éduquer sa posture ?

Si vous souhaitez vous « reprendre en main », voici quelques pistes :

La danse

Ce n’est pas une légende : la danse¹ est une bonne thérapie posturale (à condition de ne pas tomber dans l’excès inverse et une torture excessive du corps ! ) qui apporte grâce et tenue naturelle au fil des années. (Tout dépend cependant du type de danse : la danse classique apportera probablement plus de tenue que le pas de bourrée ! )

Le yoga, le stretching

Les sports² favorisant les étirements et les bons positionnements aident le corps à prendre progressivement conscience de la bonne posture et à la maintenir au quotidien.

Les thérapies manuelles

De nombreuses disciplines existent, comme l’ostéopathie ou l’étiopathie dont je parlais précédemment. Au-delà du fait que le praticien va vous replacer, il va aussi vous donner des conseils plus globaux de posture, vous interrogeant sur votre mode de vie et vous incitant à changer votre position en dormant, votre oreiller, votre poste de travail, à arrêter de porter des talons ou d’écrire sur votre ordinateur au lit, etc.

Encore faut-il appliquer les bons conseils ³ : je connais une personne qui souffre de gros problèmes de dos, au point d’avoir dû subir plusieurs opérations et infiltrations, et qui continue cependant à porter tous les jours des talons de 8 cm de haut !

La surveillance quotidienne

Et bien sûr, il s’agit de s’auto-discipliner et de s’interroger régulièrement sur sa posture, en étant assis, en marchant, en regardant la télévision, etc. et s’astreindre à se repositionner quand on prend conscience de ses travers (dans tous les sens du terme ! )

Voir aussi   ¹ Les bonnes vibrations de la danse    La vie est une grande danse qui ne s’arrête jamais     ² Bouger physiquement pour bouger intérieurement     ³ Mettre en application ses propres conseils… et ceux des autres


Et vous ? Etes-vous conscient de votre corps et de vos positions au quotidien ? Vous tenez-vous bien droit ? Et si vous preniez le temps de vous observer, et vous ré-ajuster, une journée entière ? Et si vous demandiez à votre entourage leur avis extérieur ? Enfin, et si vous preniez rendez-vous pour un « contrôle technique » postural global ?


4 réponses à “De l’importance de bien se positionner”

  1. Jerome

    Je m’accommode depuis des années avec des douleurs permanentes dans le haut du dos et dans les cervicales.
    Pour essayer de résoudre cela, il y a 2 semaines j’ai décidé de faire un check up complet avec un ostéopathe, il m’a remis un peu en place un peu partout. Mais sans rien faire de spécial à part passer 8h par jour devant mon PC, les douleurs sont revenues dès lendemain au grand galop.
    Après avoir lu cet article, j’ai décidé de changer l’organisation de mon bureau.
    Du coup mes collègues ont fait aussi la même chose !
    Si ce n’est pas la « root cause », je continuerai à chercher …

    (J’ai déjà arrêté le yoga sportif, trop violent pour mon petit corps fragile …)

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    • blogjourapresjour

      Merci pour ton commentaire Jérôme…

      Souvent, il faut chercher un peu avant de trouver la « root cause » comme tu le dis, ce n’est pas miraculeux, il faut revoir un peu tout son environnement et ses positions quotidiennes, on a souvent pris de mauvaises habitudes bien ancrées sans s’en rendre compte, et cela peut prendre des années parfois à réformer, mais cela vaut le coup ! Et puis, c’est parfois un ensemble de facteurs, et pas seulement son bureau par exemple. Mais il faut bien commencer quelque part !

      Par contre il est possible que les changements induisent des douleurs de « réajustement », jusqu’à ce que le corps retrouve son nouvel équilibre : ne pas en conclure trop vite qu’il faut revenir à l’état antérieur…

      Et pour le yoga, il faut faire attention, et ne pas le faire à la va-vite avec n’importe qui, il faut y aller doucement la première fois ! :)

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  2. Joy369

    Bonjour,
    Toujours d’accord avec le contenu des articles de ce blog. :-)
    J’ai de la chance : je me tiens toujours très droite et je souffre rarement de quoique ce soit (dos, cou, etc). Mais en prévention je vais voir de temps en temps un chiropracteur (que je conseille, même pour les bébés et les enfants) et j’ai investi il y a peu dans un « siège-ballon » qui paraît-il est mieux qu’une chaise statique. Pour le moment je n’ai pas encore de retour sur expérience. On m’a parlé hier de chaussures « balances » de marque MBT mais je n’ai pas testé, si cela peut vous donner des pistes…
    Amicalement,
    Joy

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    • blogjourapresjour

      Merci pour ton retour Joy.
      Pour avoir testé le siège-ballon et autres sièges ergonomiques, ce n’est pas miraculeux, car si on a une mauvaise position on peut tout à fait la reproduire même sur ce genre de sièges. Là encore il s’agit d’être vigilant…

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