Vers l'équilibre…

Joyeuses (?) fêtes !

célébrer les fêtes de fin d'année avec du sens

« Mon Dieu, que votre volonté soit fête !  » Denis Diderot

Pourquoi ce « point d’interrogation » ? Pourquoi ce paradoxe ? Les fêtes sont forcément joyeuses dans l’inconscient collectif… C’est la fameuse « trêve de noël », « l’esprit de noël », une période de cadeaux, de rires et de banquets… Une parenthèse « bisounours »…

Pourtant, il n’est pas rare de voir les symptômes dépressifs s’accentuer à cette période… (voir aussi l’article : « La thérapie de l’hibernation ») … Les tensions familiales se réactiver… Les émotions monter…  Les problèmes de santé arriver… La pression financière augmenter… Les non-dits peser… (voir aussi l’article : « Dire l’essentiel à ses proches ») Comment « survivre » à cette période intense en émotions ?

Une « obligation » de résultat

Les fêtes mettent la pression, et cela personne ne le dit.  Je parlais l’autre jour avec un ami, jeune papa, du tabou qu’il y a autour de la maternité (« tu vas voir, c’est merveilleux, ce sont des moments magiques… ») : personne ne nous prévient jamais du revers de la médaille, et souvent on tombe de hauts face aux difficultés non anticipées (voir aussi l’article : « Nos réponses face aux difficultés de la vie »).

C’est un peu le même mécanisme pour les fêtes, il y a une sorte de « non-dit » collectif, d’obligation à passer « de joyeuses fêtes », au risque de passer sinon pour un cynique ou un grincheux. On se doit de « faire la fête », « être contents de se voir », « s’offrir des cadeaux », « ripailler »… même si certaines dents grincent en douce…

Le casse-tête des cadeaux

Et puis, quoi offrir ? Je connais des gens qui sont tellement angoissés à cette idée qu’ils n’en dorment pas la nuit. Toujours la peur d’offrir trop, ou pas assez, de décevoir…

Quoi qu’on en dise, les cadeaux ne sont pas neutres, et sont porteurs de messages par leur choix ou par leur valeur. Je me souviens d’une anecdote, une personne (très généreuse) qui avait reçu un cadeau où le prix (2 francs) avait été laissé par erreur… Cela l’avait marquée à vie. Dans toutes les sociétés, comme l’analyse l’anthropologue Marcel Mauss, il y a tout un rituel de don et contre-don, articulés autour de la triple obligation de « donner-recevoir-rendre »… Jusqu’à l’escalade du « Potlach« , processus placé sous le signe de la rivalité : il faut dépasser les autres dons. Ces notions d’anthropologie ne s’appliquent-elles pas parfaitement à certaines ambiances familiales ? …

Il peut aussi s’agir de l’angoisse de recevoir... Parfois on est stressé, on ne sait pas comment exprimer sa joie (voir aussi l’article du blog Joy369, « Plaisir d’offrir » et l’article de ce blog « S’abandonner à l’émotion ») ou cacher sa déception… C’est tout un art de faire semblant pour ne pas blesser les sentiments de l’autre !

Sans parler des dépenses et de l’angoisse de l’endettement…

savoir recevoir un cadeau de noël

Une fête qui peut réveiller tristesses et tensions

Un ami me disait hier, je le cite «  ah les fêtes!!! Ca remue, chez certains. Ca a brassé aussi, de mon côté. Bilan : de la joie, des rires, de la peur qui est remontée, et donc, réponse à cette peur : une élongation dans le dos. »

Parce qu’on a tous ce fantasme en tête de la fête parfaite, et donc trop d’attentes, on met trop de pression et d’enjeu sur ces journées … ce qui est bien sûr le meilleur moyen pour échouer.

On idéalise sa famille... et 10 minutes après les retrouvailles, fêtées avec un plaisir sincère, on retombe dans ses vieux schémas familiaux et son « rôle » attitré…

Et bien sûr, on pense aussi aux absents, retenus par la vie dans d’autres réveillons, ou partis, et la tristesse réactive parfois la sensation d’être seul parmi les autres…

Choisir avec qui passer les fêtes et apprendre à dire non

En plaisantant, je disais l’autre jour à un ami qui me demandait conseil pour le choix d’un cadeau de noël pour sa nouvelle copine qu’il n’avait qu’à faire comme moi : sans famille (à part ma fille), c’est plus facile ! Il y a moins de questions à se poser ! En fait, je ne plaisantais qu’à moitié, car au-delà du sentiment de solitude, il est vrai que c’est quand même plus simple à gérer…

Pas de disputes ou de discussions sur les horaires, le choix des invités, le lieu, le menu, les cadeaux, pas de « marathon » de noël (une année, dans mon ancienne vie, j’avais fait 4 noëls de suite de par la France, c’était épuisant!). Juste les personnes que j’aime autour de moi... (en l’occurrence, une ! Deux si je me compte aussi ! (voir aussi l’article : « Se faire une déclaration d’amour »)

Une année, j’avais été gentiment invitée à un réveillon. J’étais une « pièce rapportée » par rapport aux autres. J’étais contente de cette invitation, qui me donnait une sensation de famille à un moment où j’en avais cruellement besoin. Quelle ne fût pas ma surprise de remarquer les tensions familiales, « de l’extérieur », puisque j’étais un observateur neutre ! Je me suis dit ce jour-là : plus jamais ça…

Quand j’organisais des mariages dans mon ancienne vie, j’avais remarqué que les mariages les plus réussis étaient ceux en « petit comité« , en particulier quand les mariés venaient de l’étranger : seuls leur famille et leur entourage le plus proche, choisis, faisaient le déplacement. Ils n’avaient que les gens qu’ils aimaient vraiment autour d’eux… En transposant ce raisonnement aux fêtes, il ne faut pas hésiter à « faire le tri ». Ne pas se forcer à inviter les personnes que l’on n’a pas de plaisir à voir. (plus facile à dire qu’à faire, j’en ai bien conscience…)

Même si ma famille est désormais très réduite, j’ai décidé cette année de me recentrer sur ma petite cellule familiale individuelle, et j’ai appris à dire non aux sollicitations qui ne m’arrangeaient pas (voir aussi l’article : « La théorie de l’assiette de frites »).

Ne pas avoir trop d’attentes

Avez-vous remarqué à quel point les meilleures fêtes sont celles qui sont improvisées ? Et combien de réveillons, à l’inverse, sont décevants, car trop attendus ? Cette « obligation de réussite » dont je parlais plus haut nous met tellement d‘attentes en tête que nous ne savons plus comment profiter simplement des choses. Et l’année suivante, il y a une surenchère…

De même, on fait parfois une fixation sur un détail, par exemple le fait de ne pas pouvoir fêter noël à la date voulue, pour des raisons familiales. Ce qui va nous gâcher l’ensemble de la fête… Un ami recommande souvent à ses enfants d’être attentif à ce qu’ils ont, plutôt qu’à ce qu’ils n’ont pas, de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide… Et si nous balayions nos attentes et essayions d’appliquer le joli principe ? (voir aussi l’article : « Plusieurs étapes de l’évolution de la Conscience »).

Lutter contre le consumérisme à outrance

Un autre aspect un peu déprimant des fêtes, c’est cette perte de sens, toute cette débauche de nourriture et de cadeaux, une sorte de concentré de la société de consommation. (voir aussi l’article : « Etre consommateur ou consomm’acteur ?« ) Même si cela a un peu ralenti ces dernières années, je suis toujours fascinée de voir les gens s’activer comme des fourmis dans les magasins à l’approche de Noël. Acheter parfois n’importe quoi parce qu’ils ne sont pas inspirés. Un cadeau mal choisi, qui finira au mieux revendu, au pire dans une poubelle… Quel gâchis... Mon prof de yoga, anti-consumériste convaincu, nous racontait l’anecdote qu’un jour, un 26 décembre, il avait eu la curiosité de regarder le contenu de quelques poubelles de son voisinage : elles étaient pleines de jouets, probablement ceux des années précédentes…

Sans parler des repas, dont une bonne partie fini jeté tous les ans…

Un des noëls qui a eu le plus de sens pour moi, c’était celui où j’avais de gros problèmes d’argent. J’avais décidé de broder un petit cadeau personnalisé à chacun, et de faire des truffes en chocolat. J’ai retrouvé ces petits cadeaux faits avec amour dans les affaires de mes proches, ils les avaient gardé précieusementCela avait du sens.

Le problème, c’est bien sûr de mettre tout le monde d’accord, et que tous jouent le jeu. J’avais de grandes convictions sur la débauche de cadeaux à la naissance de ma fille, mais je trouve difficile de lutter au quotidien contre les assauts de la publicité, l’influence des copines de classe, la propagande du Père Noël à l’école, l’envie de faire plaisir des autres… Sur ce sujet sensible, je vous invite d’ailleurs à lire l’excellent article de Léo Babauta sur le blog « Habitudes Zen« , intitulé : « La politique anti-cadeaux de Noël ». Pour l’instant je n’ai pas la solution, mais j’espère petit à petit arriver à sensibiliser ma fille aux limites du modèle consumériste à outrance. (voir aussi l’article : « Agir selon sa conscience, c’est plus simple ».).

Déjà, à 5 ans, elle refuse les sapins de noël, grâce entre autres à ce joli petit livre « Barbapapa c’est Noël » qui invite les petits à réfléchir sur l’écologie et l’écosystème… Nous faisons donc un « ficus de Noël ». (voir aussi l’article : « Reprendre contact avec la nature »)

Créer de petits rituels

Cette année, pour toutes ces raisons, et d’autres encore, je n’avais pas vraiment envie de fêter Noël. Mais je me suis un peu forcée, pour faire plaisir à ma fille. Et je dois dire que je me suis prise au jeu au passage. Je me suis souvenue que même si la magie de Noël n’avait plus le même sens pour moi, elle agissait quand j’étais petite, et j’ai eu envie de lui « fabriquer » à mon tour de doux et joyeux souvenirs. Les rituels peuvent se créer à tout moment, nul besoin de traditions familiales ancestrales…

Nous avons donc cueilli ensemble des fleurs très symboliques pour moi, dont je lui ai expliqué l’histoire… Nous avons fait ensemble la cuisine, en particulier des truffes, pour sa famille mais aussi pour le père Noël (!), qu’elle lui a laissé accompagnées d’un verre de lait d’avoine. (voir aussi l’article : « Le jour où j’ai décidé de devenir végétarienne. ») Ce gourmand a d’ailleurs tout bu et tout mangé dans la nuit, et lui a laissé un petit mot de remerciement... Nous avons mis des chants de noël en boucle…  (voir aussi l’article : « Retrouver une pièce de son puzzle. »). Nous avons fait une belle table de fête, sortant les verres de cristal et l’argenterie de famille (voir aussi l’article : « Mettre de la beauté dans sa vie ».)… Nous nous sommes faites belles l’une pour l’autre… Nous avons trinqué à « la bonne santé de Noël » (C’est elle qui a choisi ! Voir aussi l’article : « Le pouvoir de l’apéro »). Elle a sorti de mon tiroir deux chaussettes géantes pour les cadeaux… Et j’ai eu plaisir à glisser en douce au pied du Ficus les paquets cachés sous mon lit…

Ce n’était pas parfait. Mais c’était simple, c’était doux, c’était tranquille, c’était plein de tendresse. Ces petits riens, assemblés avec amour, faisaient un tout… (voir aussi les articles : « Des racines et des ailes »  et « Et vous, que souhaitez-vous ? »)

Alors, oui, dans ces conditions, ce sont vraiment de joyeuses fêtes. Sans point d’interrogation.


Et vous, avez-vous passé de joyeuses fêtes ? Et si, l’année prochaine, vous simplifiez un peu les choses, afin de retrouver le vrai esprit de noël, enfoui sous les conventions ?


2 réponses à “Joyeuses (?) fêtes !”

  1. Carry

    Bonjour à Tous,

    Juste avant Noël, j’ai participé à un séminaire « PASSAGE » avec Dominique Lussan.
    lien :

    Te rappelles tu Céline? ..C’était une intervenante au congrès des thérapies quantiques de Reins, elle nous avait proposés un petit jeu de partage d’énergie que nous avions réalisé ensemble!

    Comment je me suis inscrite au séminaire :
    Depuis plusieurs jours, j’écoutais une musique relaxante pour pratiquer mon Taï Chi à la maison.
    lien :

    Les vibrations de cette musique me faisaient beaucoup de bien à tel point que je l’écoutais en boucle. C’est alors que j’ai repensé à la méthode de l’Institut Monroe qui utilise les Fréquences sonores afin d’obtenir des états modifiés de conscience, et de se balader sur différents plans de conscience.
    lien :
    http://institutmonroe.fr/_im/index.php/l-institut-monroe

    Tout s’est passé avec une telle fluidité! J’ai regardé sur internet le site de l’Institut Monroe, Il proposait des séminaires dont un seul dans l’année se déroulait dans le Var à quelques kilomètres de chez moi, il débutait dans 3 jours et finissait juste avant mon départ pour Bordeaux dont j’avais déjà le billet de train non échangeable, j’ai téléphoné, il restait une place à ce séminaire!

    Je me suis dit voilà!! ..mon cadeau de Noël! Un séminaire d’une semaine dans une villa en bord de mer avec des inconnus, tout un programme, plein de surprises! J’avais envie de me faire plaisir.
    J’avais envie de finir l’année avec l’idée d’avoir abouti des objectifs, avoir eu des réponses, être aller jusqu’au bout du chemin 2014, avoir utilisé tout le potentiel de cette année, et aussi, savoir communiquer avec les êtres de la nature (obsession chez moi!!!), chose qui n’était pas spécialement prévu au programme « Passage ».

    ***Tout ça pour répondre à l’article d’aujourd’hui concernant les dépressions de fin d’année :
    Selon Dominique Lussan, ces manifestations sont en période spécifique de cycle cosmique (Nov Dec), notre Lumière intérieure touche à son apogée au solstice d’hiver. De ce fait, les personnes qui n’ont pas trouvé leur Lumière Intérieure ou qui l’aperçoivent de loin ressentent une souffrance profonde de leur être, une tristesse et développent des symptômes de dépression.***

    Qu’est ce que la Lumière intérieure, notre Essence d’Etre? (essence du latin essentia « nature d’une chose ») donc notre nature d’être, ce pourquoi nous sommes venus vivre!?..

    J'aime

    Réponse
  2. Carry

    Bonjour à Tous,

    Juste avant Noël, j’ai participé à un séminaire « PASSAGE » avec Dominique Lussan.
    lien :

    Te rappelles tu Céline? ..C’était une intervenante au congrès des thérapies quantiques de Reins, elle nous avait proposés un petit jeu de partage d’énergie que nous avions réalisé ensemble!

    Comment je me suis inscrite au séminaire :
    Depuis plusieurs jours, j’écoutais une musique relaxante pour pratiquer mon Taï Chi à la maison.
    lien :

    Les vibrations de cette musique me faisaient beaucoup de bien à tel point que je l’écoutais en boucle. C’est alors que j’ai repensé à la méthode de l’Institut Monroe qui utilise les Fréquences sonores afin d’obtenir des états modifiés de conscience, et de se balader sur différents plans de conscience.
    lien :
    http://institutmonroe.fr/_im/index.php/l-institut-monroe

    Tout s’est passé avec une telle fluidité! J’ai regardé sur internet le site de l’Institut Monroe, Il proposait des séminaires dont un seul dans l’année se déroulait dans le Var à quelques kilomètres de chez moi, il débutait dans 3 jours et finissait juste avant mon départ pour Bordeaux dont j’avais déjà le billet de train non échangeable, j’ai téléphoné, il restait une place à ce séminaire!

    Je me suis dit voilà!! ..mon cadeau de Noël! Un séminaire d’une semaine dans une villa en bord de mer avec des inconnus, tout un programme, plein de surprises! J’avais envie de me faire plaisir.
    J’avais envie de finir l’année avec l’idée d’avoir abouti des objectifs, avoir eu des réponses, être aller jusqu’au bout du chemin 2014, avoir utilisé tout le potentiel de cette année, et aussi, savoir communiquer avec les êtres de la nature (obsession chez moi!!!), chose qui n’était pas spécialement prévu au programme « Passage ».

    ***Tout ça pour répondre à l’article d’aujourd’hui concernant les dépressions de fin d’année :
    Selon Dominique Lussan, ces manifestations sont en période spécifique de cycle cosmique (Nov Dec), notre Lumière intérieure touche à son apogée au solstice d’hiver. De ce fait, les personnes qui n’ont pas trouvé leur Lumière Intérieure ou qui l’aperçoivent de loin ressentent une souffrance profonde de leur être, une tristesse et développent des symptômes de dépression.***

    Qu’est ce que la Lumière intérieure, notre Essence d’Etre? (essence du latin essentia « nature d’une chose ») donc notre nature d’être, ce pourquoi nous sommes venus vivre!?..

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